Denis Protéor

Une oeuvre est un organisme puis une créature qui apporte des éléments nouveaux pour tenir la main de son auteur face au Mystère.

30 juin 2009

Au coeur des choses (volonté ferme)

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23 juin 2009

anecdote

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24 février 2009

activité d'artiste

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06 décembre 2008

AUTOPORTRAIT

As an artist, I am in the position of an explorer, guided by all mediums (from photography and writing, to video, drawing, and sound research) to a level of reality. I want to identify my behavior with tools such as force and movement. The ideas interest me shortly. Indeed, I believe that problems exist in limited numbers, issues in unlimited numbers. So problems as areas of investigation that I choose according to their concentration accuracies: forests, morgue hospitals, veterinary clinics, sites of waste treatment, and so on. One area of investigation has its strengths, movements, its number of issues. The one-man system that I strive for crosses to remove cultural and moral references, and social benchmarks, to see take shape other storms, to create loopholes, to install uncertainties. My behavior is the heart of my affair. I am strange. I come from Vertigo. I am, therefore, Vertigo and you must not see me coming. I have more sense than feelings. Here for a part of my secret intention. But, as one might say coincidence: the chance is a secret, my secret.

In 2000, I began to show the result of long years of research. Before I investigated without revealing anything. Indeed, my point is often an investigation. I locate places. In my view, focusing on hot spots can develop a wide range of questions. Thus, forests, schools, hospital morgues, psychiatric hospitals, waste treatment plants, veterinary clinics, and of course, my privacy/intimacy were, or still are, my fields. During my investigations, I photograph, I film, I write, but mostly I live. I’m always at the center of what I do. An investigation is valid for me when I am totally immersed in the field. I lived in the forest (13 years), I was a teacher (ten years), I worked in a morgue (six years), I attended vets (three years in city and country), I made films with mentally ill actors (three years), I watched the plants waste treatment (three years), and the many women who are visible in my works have been my very close associates. I draw since the age of six in an intense manner, and I can say that the drawing has trained and educated me. In fact, I have for ambition: to form a fresco of the living (in all its statements), to reveal elements in constant transformation, to establish my language only based on elements that I produce (to escape the reference and model), to support my work on its internal logic, to make vertigo without alcohol and drug-free, to destroy the strongholds by their subsoil. With photographs, texts, videos, drawings, paintings, music, exhibitions, books, flesh, women, and my behavior came only from depths of my soul.

 

En l'an 2000, j'ai commencé à montrer le résultat de longues années de recherches. Avant j'ai enquêté sans rien dévoiler. En effet mon point de départ est souvent une enquête. Je localise des lieux qui, selon moi, concentre des points névralgiques capables de développer un grand nombre de questions. Ainsi la forêt, l'école, la morgue hospitalière, l'hôpital psychiatrique, l'usine de traitement des déchets, la clinique vétérinaire et évidemment mon intimité furent ou sont encore mes domaines. Pendant mes enquêtes, je photographie, je filme, j'écris mais surtout je vis. Je suis toujours au centre de ce que je fais. Une investigation est valable pour moi lorsque je me suis totalement immergé dans le domaine. J'ai vécu dans la forêt (13 ans), j'ai été pédagogue (10 ans), j'ai travaillé dans une morgue(6 ans), j'ai assisté des vétérinaires (2 ans), j'ai fait des films avec des malades mentaux en tant qu'acteurs (3 ans), j'ai surveillé les usines de traitement des déchets (3 ans) et les nombreuses femmes qui sont visibles dans mes oeuvres ont été mes intimes complices. En outre je dessine depuis l'âge de 6 ans d'une manière intense et je peux dire que le dessin m'a formé et éduqué. En fait j'ai pour ambition de: former une fresque de la matière vivante (dans tous ses états), révéler les éléments en constante transformation, établir mon langage d'après des éléments que je produis (pour échapper à la référence et au modèle), faire vivre mon oeuvre sur sa logique interne, apporter l'ivresse sans alcool et sans drogue, détruire les forteresses par leur sous-sol.

Avec des photographies, des textes, des vidéos, des dessins, des peintures, des musiques, des expositions, des livres, et mon comportement venus des seules profondeurs de mon âme. 

03 décembre 2008

Au coeur des choses (volonté ferme)

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14 novembre 2008

Il était une fois...

Histoire de celui qui partit à travers le monde pour apprendre à frissonner, conte des frères Grimm.

C'est l'histoire grandiose d'un jeune homme homme, presque un enfant, que l'on (sa famille et le village) dit bêta parce qu'il... n'a peur de rien. Il décide donc de partir de par le vaste monde pour trouver la peur et voir ce qui lui manquerait. Il rencontre des faux fantômes, des vrais pendus sensés lui parler, le glacer d'effroi, puis de vrais fantômes, des brigands violents, mais rien n'y peut, il ne frissonne pas. Jusqu'au jour où dans un royaume il défait une malédiction et en épousailles reçoit la princesse à laquelle il confie le but de sa quête. Elle attend la nuit et le sommeil et lui jette un seau d'eau froide pleine de petits poissons sur son corps nu. Il s'éveille en criant, transi et la princesse dit au héros « Maintenant tu sauras ce que frissonner veut dire ». Ce conte des frères Grimm, comme tout conte capital, contient une énigme. Peut-on vivre sans avoir peur ? Il faut situer ce comportement à la fois dans une origine et dans un cheminement. Le « bêta » ignore la peur et part en quête comme s'il lui manquait un élément lui permettant de vivre en communauté. Mais il part aussi par commodité, pour ne pas amplifier la peur d'autrui face à son idiosyncrasie. La pire des épouvantes ne l'atteint pas. Il peut converser avec les morts dans une tranquillité d'esprit qui paraît surhumaine. On lui a déjà signifié qu'il n'est pas d'ici. Et devenu nomade (en ayant un objectif et une trajectoire) son absence de crainte l'emmène dans le cœur du Mystère. Dans une mythologie il serait un dieu banni sur la terre. Le trait d'humour final de l'eau froide est plutôt dirigé vers ceux qui vivent dans la peur, restent esclaves de celles-ci.

Denis Protéor

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